Le jeudi 29 novembre 2018, dans le cadre de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien et de la signature d’« un pacte d’amitié avec le Gouvernorat de Jérusalem-Est », le Département de Loire Atlantique a organisé au sein de son assemblée départementale « une soirée-débat dédiée à la compréhension historique et politique du conflit israélo-palestinien ».

Durant les débats à sens unique auxquels participaient plusieurs activistes, membres d’associations comme universitaires, de virulents propos anti-israéliens et antisionistes ont été proférés avec pour point culminant la remise en question de la légitimité l’État juif. Le président de l’assemblée départementale a pour sa part ouvert cette soirée débat.

Ci-dessous, quelques exemples de propos problématiques tenus par les activistes ayant participé à cette conférence (Les mentions en gras ont été ajoutées):

  • Pierre Stambul; Co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

Question du public: « Est-ce qu’on peut considérer que la création d’Israël est un acte d’antisémitisme? » (2’19’40 »-2’19’43 »)

Réponse de Pierre Stambul: «On ne peut pas séparer la création de l’Etat d’Israël de la Nakba, dont on a très largement parlé. L’État d’Israël n’existerait pas sans la Nakba, c’est-à-dire l’expulsion programmée de 800.000 palestiniens. Et donc dans la question est ce qu’Israël est légitime? Est-ce qu’il est légitime d’avoir un Etat juif? Non, l’Etat juif est illégitime…Par contre est ce que les israéliens doivent rester? Ma réponse est oui. Mais la réponse pour que les israéliens restent c’est la même réponse que la réponse qu’il y a eu en Afrique du Sud. Les blancs Sud-Africains sont restés parce que l’Apartheid a sauté et les juifs israéliens resteront si le sionisme et la colonisation disparaissent. Il n’y pas d’autres solutions ». (Applaudissements du public) (2’20’38 »-2’21’21 »)

« Le sionisme en même temps c’est un colonialisme, ça a été très bien rappelé…Léonore [Eléonore Merza Bronstein- De-Colonizer],  a bien dit ce que ça veut dire être dans le camp des colonisateurs à Tel Aviv. Le sionisme est un colonialisme particulier j’y pense sur le colonialisme français. Il ne vise pas à exploiter le peuple indigène, il vise à l’expulser. Le sionisme s’est prétendu être un mouvement nationaliste, même il s’est même prétendu être un mouvement de libération nationale. Drôle de mouvement quand même qui a inventé le peuple, la langue et la terre. Enfin la langue des juifs ce n’était pas l’hébreu, l’aspiration à aller sur cette terre c’est une invention récente, ça n’a jamais existé…». (1’55″32-1’56″07)-

« Le sionisme n’a jamais lutté vraiment en tant que sionisme contre l’antisémitisme…il s’en est servi pour son unique projet qu’était de construire un état juif homogène ». (1’56″27-1’56″38)

« Le sionisme de Théodore Herzl, c’est j’insiste sur les mots, c’est une théorie de la séparation qui considère dès le départ il y a cent vingt ans que juifs et non juifs ne peuvent pas vivre ensemble, ni dans les états où vivaient les juifs ni dans le future état juif auxquels ils aspirent…Les sionistes et les antisémites ont partagé la même aspiration, qu’un maximum de juifs quittent l’Europe. Théodore Herzl allait voir tous les dirigeant antisémites européens en leur disant vous et moi on a la même idée, que les juifs s’en aillent ». (1’54″40-1’55″14)

« Alors pourquoi aujourd’hui c’est si difficile de critiquer Israël? Sans doute parce que ce pays est devenu aujourd’hui un laboratoire des technologies de maintien de l’ordre et des armes les plus sophistiquées…Pourquoi les israéliens sont soutenus par l’occident? Parce qu’Israël donne l’exemple de la façon d’enfermer et de réprimer une population jugée dangereuseL’Europe qui a persécuté les juifs pendant plus d’un millénaire s’est débarrassée de sa responsabilité majeure dans l’antisémitisme et le génocide nazi sur le dos du peuple palestiniens qui n’avait rien à voir avec cette persécution…Quand les dirigeants européens acceptent que des dirigeants israéliens viennent en Europe inciter tous les juifs à immigrer en Israël, nos dirigeants nous mettent en danger parce que personne se s’était permis depuis Vichy de nous dire que nous n’étions pas chez nous ici, c’est Netanyahou qui vient ici pour nous dire, nous devons partir » . (2’00’20 »-2’01’48 »)

« Entre 2008 et 2014, Israël a bombardé massivement, trois fois, la bande de Gaza en visant délibérément la population civile et en utilisant des armes interdites…En 2018, les snipers de l’armée israélienne ont délibérément visé des civils, des balles explosives sont interdites contre les éléphants, elles sont utilisées contre les gazaouis ». (1’52″45-1’53″13)

« Et pourtant, le gouvernement israélien et les institutions prétendument représentatives du judaïsme en France se présentent comme des victimes. Le gouvernement israélien dénonce toutes celles et ceux qui critiquent sa politique comme des antisémites même si ils sont juifs. Ce gouvernement a le soutien sans faille des dirigeants occidentaux. Ces dirigeants feignent de considérer que les antisionistes dont nous sommes ou les partisans du BDS; je fais un petit aparté sur le BDS. BDS c’est boycott, désinvestissement, sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international. Et l’UJFP que je co-préside fait partie de BDS France et nous soutenons le boycott, désinvestissement contre l’État d’Israël sous toutes ses formes politiques, économiques, commerciales, scientifiques, universitaires, sportives ». (1’53″24-1’54″15)

Contexte:

L’UJFP est active dans les campagnes de boycott illégales en France. L’organisation est signataire de la campagne BDS France et sert aussi de canal de financement de cette campagne.

En 2017, l’UJFP avait produit à l’aide de subventions publiques des clips antisionistes et accusant la France de « racisme d’État ». Suite à une enquête conjointe Causeur/NGO Monitor, une procédure de recouvrement de la subvention a été engagé par les services de l’État.

  • Eléonore Merza Bronstein ; Co-fondatrice de l’ONG De-Colonizer

« L’occupation de 1967 est une continuité naturelle de ce qui s’est passé en 1948 et qui avait débuté encore avant. Et donc on s’est dit, quel peut être notre rôle en tant que juifs israéliens, blancs…la blanchité politique est quelque chose d’extrêmement importante aussi dans la société israélienne. Et nous, notre travail est en fait de travailler les nôtres, de travailler notre propre société, d’essayer de décoloniser notre propre identité collective israélienne, notre identité collective d’occupant et de colon ». (1’30’48 »-1’31’21 »)

« Notre organisation est basée à Tel Aviv, et en général dans l’acception du droit international, les colons sont les gens qui vivent dans les territoires occupés en 1967. Nous, on a une définition un peu différente. Tel Aviv n’étant pas sortie du sable mais ayant été construite sur les ruines de huit villages palestiniens, nous pensons, là encore je ne le dis pas de gaité de cœur, que nous sommes aussi des colons. » (1’30’28 »-1’31’50 »)

« De-Colonizer…c’est un centre de recherche alternatif basé à Tel Aviv et notre travail est de mettre en lumière la nature coloniale de notre régime. » (1’28’15 »-1’28’22 »)

« Travailler sur la nature coloniale du régime israélien, c’est travailler effectivement sur différents épisodes de ce projet colonial…la Nakba n’est qu’un épisode, l’épisode le plus violent…la Nakba…, le pic d’un projet colonial qui a commencé à la fin du 19ème siècle et qui perdure jusqu’à aujourd’hui ». (1’29’18 »-1’29’52 »)

« Bonsoir à toutes et à tous, merci d’être venus à notre rencontre. Merci évidement au Département, non seulement pour cette invitation mais aussi, mes collègues l’ont rappelé, pour ce geste politique courageux qui a été le vôtre…Merci aussi d’avoir pensé à inviter De-Colonizer, une ONG israélienne basée à Tel Aviv et de faire une place à l’occupant dans cette journée de solidarité justement avec le peuple palestinien ». (1’27’28 »-1’28’05 »)

Contexte:

De-Colonizer est une organisation israélienne antisioniste soutenue par l’association française CCFD-Terre Solidaire. (Pour plus d’information, voir « Quand une ONG française finance un « non-dialogue » entre israéliens et palestiniens »).

« Rappelons quand même que dès 1947 effectivement et non pas à partir de la création de  d’Israël en mai 1948, des centaines de milliers de palestiniens ont été chassés par la terreur des milices juives à l’époque, qui deviendront ensuite l’armée israélienne…Ces centaines de milliers, on pense à peu près  800.000 ont dû prendre les routes de l’exile dans des exodes qui rappellent dramatiquement d’ailleurs des images que l’on a pu voire sur notre territoire à l’époque de la barbarie nazieLa Nakba qui effectivement se poursuit jusqu’ aujourd’hui ». (1’11’15 »-1’11’48 »)

« Aujourd’hui, en Cisjordanie, y a compris Jérusalem, n’oublions jamais que Jérusalem fait partie de la Cisjordanie…et dans la bande de Gaza, les autorités d’occupation veulent réduire des millions de civils à l’état de réfugiés justement. C’est totalement inacceptable, et ça bafoue encore une fois le droit international ». (1’22’21 »-1’22’45 »)

« Nos demandes c’est…la reconnaissance de l’État de Palestine déjà comme un premier geste symbolique et politique extrêmement fort…Et puis en attendant que l’état israélien se décide enfin à appliquer le droit international, et bien on peut le sanctionner. On peut le sanctionner pour toutes ses violations, par l’arrêt de la coopération militaire et sécuritaire par évidemment l’arrêt des ventes d’armes et par la fin de l’impunité qui est constante devant les crimes de guerre israéliens. Les palestiniens poursuivent la résistance, ils la poursuivront, toujours ». (1’23’12 »-1’24’01 »)

Contexte:

PFP est un réseau regroupant 42 associations pour la plupart actives dans le conflit israélo-arabes. Les associations françaises pro-BDS telles que l’UJFP, L’Association France Palestine Solidartié et l’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP), y sont membres.

En 2018, PFP a participé aux côtés d’associations françaises et de l’organisation palestinienne Al-Haq à l’écriture du rapport BDS contre les entreprises françaises impliquées dans la construction du tramway de Jérusalem.

Depuis 2009, PFP a perçu quelques 740.000 euros de subventions de la part de l’Agence Française de Développement (AFD) pour ses activités, dont le lobby auprès des élus.