La Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine (PFP)

Profile

PaysFrance
Site webhttps://plateforme-palestine.org
Année de fondation 1993
Dans ses propres motsCréée en 1993 dans le contexte des accords d’Oslo, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine a pour objectif de mobiliser pour la reconnaissance des droits des Palestiniens, notamment celle d’un Etat palestinien souverain, sur les lignes dites de 1967.

Financements

  • La Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine (PFP) ne publie pas ses comptes annuels, reflétant ainsi un manque de transparence et de redevabilité.
  • L’Agence Française de Développement (AFD) a subventionné la PFP à plusieurs reprises ces dernières années: 320.000 € (2020-2023), 270.000 €, (2017-2020), 225,000 € (2014-2017), 199,000 € (2011-2014) et  46,560 € en 2009.
    • La fiche de communication du projet « Mieux agir pour le respect du droit en Palestine » subventionné par l’AFD (2014-2017) décrit les « groupes cibles » du projet: « Le grand public français » et « particulièrement visés » « les jeunes et les primo apprenant ». De même, sont visés « les médias » et « les élus et les institutionnels ». Le projet indique que les « indicateurs d’impact » sont l’« augmentation du nombre de questions posées au gouvernement sur la situation en Palestine » et l’ « augmentation du nombre de journalistes interpellant la Plateforme pour recevoir des informations ». (Mention en gras ajoutée).
  • Le Conseil régional d’île de France à subventionné la PFP à hauteur de 146.000 €  (2013-2017).
    • En 2019, dans une correspondance entre la Région île de France et NGO Monitor, le Conseil régional a clarifié ne plus subventionner la PFP depuis 2016, faisant référence dans leur réponse à la Délibération N° CR 161-16 du 13 octobre 2016, dans laquelle est stipulée que « Sont notamment exclus de tout financement les organismes qui appellent au boycott de lEtat dIsraël, en particulier ceux qui participent au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS), ces appels constituant une infraction pénale (cour de cassation, 20 octobre 2015) ». (Mention en gras ajoutée). Selon la Région, « les dernières subventions allouées par le Conseil régional l’ont été en 2015, même si les versement [sic] ont pu être effectués en 2017 pour tenir compte des engagements pris ».
  • Au mois de novembre 2019, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a émis un avis défavorable à la demande de communication des comptes annuels de la PFP formulée par NGO Monitor (Septembre 2019), en vertu de l’article 10 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations qui dispose que:
    • «Le budget et les comptes de tout organisme de droit privé ayant reçu une subvention, la convention prévue au présent article et le compte rendu financier de la subvention doivent être communiqués à toute personne qui en fait la demande par l’autorité administrative ayant attribué la subvention ou celles qui les détiennent, dans les conditions prévues par la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 précitée»,
  • La PFP affirme que « la création de la Plateforme a été soutenue par les autorités gouvernementales françaises qui s’engageaient dans le cadre du processus d’Oslo devant déboucher sur la création de l’Etat de Palestine à côté de l’Etat d’Israël » (mention en gras ajoutée).

Activités

  • L PFP est un réseau regroupant 42 associations,  pour la plupart actives dans le conflit israélo-arabes.
  • Ses principals missions sont:
  1. «Sensibiliser et informer l’opinion publique et les pouvoirs publics en France aux droits du peuple palestinien ; être une force de plaidoyer auprès des institutions et des élus ;
  2. Etre un lieu d’échange d’information, de rencontre et de synergie entre les organisations françaises de solidarité internationale impliquées sur la Palestine et avec les organisations palestiniennes ; être un pôle de ressources, par la création d’outils mis à disposition des membres et partenaires.
  3. Renforcer les compétences des acteurs associatifs qui œuvrent pour le respect des droits des Palestiniens et le développement de la Palestine».

La PFP, un Groupe de Pression

  • Au mois de juin 2018, Claude Léostic, alors ancienne présidente de la PFPaffirmait que « nous [la PFP] menons également un travail de pression auprès de nos élu.e.s et dans le gouvernement : notre démarche est très souvent de faire venir des partenaires palestinien.ne.s, et parfois israélien.ne.s pour qu’ils portent directement leur parole à notre exécutif ».
  • La fiche de communication du projet « Mieux agir pour le respect du droit en Palestine» subventionné par l’AFD (2014-2017) décrit les «groupes cibles» du projet: «Le grand public français» et «particulièrement visés» «les jeunes et les primo apprenant». De même, sont visés « les médias » et « les élus et les institutionnels ». Le projet indique que les « indicateurs d’impact » sont l’« augmentation du nombre de questions posées au gouvernement sur la situation en Palestine » et l’ « augmentation du nombre de journalistes interpellant la Plateforme pour recevoir des informations » (mention en gras ajoutée).
  • La PFP liste sur son site internet dans la section « Palestine nos élus… » (« une initiative de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine »), les élus qui interviennent sur le conflit israélo-palestinien au travers de questions écrites au gouvernement, de propositions de résolution, de positionnements, d’appels ect. La PFP indiqueque « plusieurs campagnes de mobilisation ont été lancées par la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et/ou des associations de solidarité avec la Palestine, auxquels ont répondu les parlementaires français ».

Opposition à l’IHRA

  • En 2019, la PFP a été le fer de lance d’une campagne de pression contre la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme (Proposition Maillard), en  affirmant faussement que la définition de travail de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA) n’est autre qu’un « des outils » d’une campagne dans laquelle « les organisations de défense des droits des Palestiniens sont de plus en plus ciblées par des attaques et des tentatives d’assimiler leurs actions à de l’antisémitisme ». (Pour plus d’information, voir « Les pressions d’une association subventionnée contre la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme »).
  • Dans ce contexte, la PFP a adressé deux courriers- un au Président de la République et un au Premier ministre– contre la « proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme ».
    • Le dernier courrier, datant du 2 juillet 2019, enjoignait le Président de la République « de ne pas répondre aux sollicitations des individus et institutions qui souhaiteraient avancer l’examen de la résolution n°1952, de ne pas poursuivre l’application de ladite ‘définition de travail de l’IHRA’ et de vous abstenir de l’adopter formellement ».
  • En parallèle de ces courriers aux plus hautes autorités de l’Etat, la PFP a publié au mois d’octobre 2019 la brochure Les dangers de la « Proposition De Résolution Maillard » dans laquelle l’association appelle les députés à  « écarter fermement une telle proposition :
    • tant qu’elle maintiendrait dans son exposé des motifs la référence à un antisionisme largement fantasmé ». (Mention en gras ajoutée)
  • Au mois de Février 2021, la PFP a adressé au Premier ministre le courrier intitulé « Inquiétudes relatives à la mise en œuvre de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA », demandant à Jean Castex de de leur « assurer que  l’ANCT [Agence nationale de la cohésion des territoires] ou toute autre agence gouvernementale française n’utilisera pas la définition de l’IHRA ni ses exemples, notamment en tant que critère de financement des associations…Nos associations membres et nos partenaires sur le terrain sont de plus en plus soumis à des restrictions et obstructions dans leur liberté d’action et d’expression, y compris à des conditions de plus en plus strictes et lourdes concernant leurs financements ». (Mention en gras ajoutée).

Apartheid

  • Au mois de mai 2022, la PFP a publié une « note d’analyse » concluant qu’Israël remplit toutes les conditions, y compris « un régime appliqué à un groupe racial par un autre groupe racial », pour pouvoir être qualifié de régime d’apartheid. En conséquence de quoi, la PFP « appelle notamment les autorités françaises à reconnaître l’existence d’un régime israélien d’apartheid à l’encontre de la population palestinienne ».
  • Lors de la campagne présidentielle de 2022, la PFP avait interpellé le candidat Jean-Luc Mélanchon le questionnant sur son engagement « à reconnaître l’existence d’un régime d’apartheid exercé par Israël sur le peuple palestinien et à faire ratifier par la France la Convention de 1973 sur l’élimination du crime d’apartheid ».

Formations au public et aux militants

  • La PFP organise régulièrement des formationspour ses membres afin de « renforcer les compétences des acteurs associatifs qui œuvrent pour le respect des droits des palestiniens et le développement de la Palestine ». Parmi les sujets de ces formations y figurent: « Interpeller les représentants européens sur les questions liées aux droits de l’Homme en Palestine », « la Cour pénale internationale et la Palestine » et « Savoir animer une séance d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité sur la Palestine ». Cette dernière, financée par la région Rhône-Alpes a notamment pour but des former les participants pour qu’ils puissent maîtriser « l’argumentaire juridique de la campagne [de boycott] Made In Illegality ».
  • Au mois de septembre 2017, PFP a réédité sous forme papier le livret « Palestine/Israël- Les instruments pour argumenter» avec le soutien de l’AFD. Cet ouvrage partisan prétend donner l’outillage argumentaire nécessaire à « quiconque est préoccupé par le respect du droit et s’intéresse à la Palestine » et en particulier à celles et ceux confrontés « à ce type d’affirmations » :
    • « Le Mur est une barrière de sécurité, depuis sa construction, les attentats ont très fortement diminué », « les habitants palestiniens de Jérusalem-Est bénéficient des mêmes droits et avantages que les habitants israéliens de Jérusalem-Ouest », « d’autres conflits existent dans le monde, bien plus meurtriers que la situation en Palestine ». « Israël est considéré comme le méchant idéal ». Pour plus d’informations, voir « L’AFD finance du matériel militant à une organisation anti-israélienne ».
  • Au mois de juillet 2018, PFP a publié la brochure partisane « Palestine : de la Nakba au déplacement permanent» faisant la promotion d’un soi-disant « droit au retour » palestinien, avec le soutien de l’AFD et de la Fondation de France.
    • Cet ouvrage orienté et malhonnête contient de nombreuses erreurs historiques et factuelles, telle que l’affirmation que le plan de partage de la Palestine par l’ONU (1947) aurait été « refusé par les arabes et les juifs »,1ou bien que « l’utilisation du mot ‘Nakba’ est toujours interdit dans les manuels scolaires israéliens ».2 Il sous-entend aussi que ce droit au retour est contraignant, affirmant qu’il est « garanti par le droit international et plusieurs résolutions de l’ONU ». Pour rappel, la résolution 194 de l’ONU (1948) à laquelle PFP se réfère n’a pas de valeur juridique contraignante puisque celle-ci fut votée par l’Assemblée générale des Nations unies.
    • Cette brochure accuse aussi faussement Israël de pratiquer des déplacements forcés envers les populations palestiniennes, et par conséquent affirme que « la Nakba est un processus toujours en cours». (Mention en gras ajoutée).
    • Enfin, la PFP et ses membres en appellent à la France pour, entre autres, « garantir que la question du droit au retour au sein des instances internationales et dans le dialogue bilatéral avec l’Etat d’Israël ne pourra pas être exclue des négociations entre la Palestine et Israël » et « soutenir les démarches entreprises par la société civile palestinienne à la Cour pénale internationale visant à poursuivre les responsables israéliens susceptibles d’avoir commis des crimes de guerre et crime contre l’humanité tels que les transferts forcés ».

Diffusion d’informations et promotion de ses membres et de leurs activités

Dans le cadre de son rôle de coordinateur entre ses membres et de diffuseur d’information, PFP fait la promotion d’informations, d’évènements et de projets politisés et parfois controversés. Par exemples:

  • « 10 paroles juives contre le racisme »- Les 10 clips « antiracistes » de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) dans lesquels des activistes de l’UJFP accusent entre autres la France de pratiquer un racisme d’état ou bien le sionisme d’être antisémite. Pour plus d’information sur le sujet, voir l’enquête conjointe de Causeur et NGO Monitor « L’UJFP, l’antisionisme subventionné par l’Etat » et  « Clips antisionistes subventionnés : L’UJFP va devoir rembourser».
  • Au mois d’août 2018, PFP a mis à disposition du grand public le documentaire de propagande « Sans rires, jeux sous surveillance» qu’elle a produit en 2010 avec le concours du Ministère Français des Affaires étrangères et l’Agence Française de Développement (AFD). Omettant de manière systématique toute notion des préoccupations sécuritaires israéliennes, notamment les contextes de violence et de terrorisme, le film favorise un « blanchiment » du terrorisme et la promotion d’une diabolisation d’Israël, tout en manipulant et exploitant des enfants palestiniens pour des gains politiques. Pour plus de détails, voir « Un documentaire propagandiste financé par le Quai d’Orsay et l’AFD exploite de jeunes palestiniens ».
  • La table ronde « La Palestine après Balfour, 100 ans de colonialisme / 100 ans de résistance» (5 novembre 2017). Le descriptif de cet évènement dénonce le centenaire de la déclaration Balfour qui pour les organisateurs « représente pour l’Occident la marque de son œuvre coloniale dans la région arabe et pour le peuple palestinien la première étape de sa dépossession ». Les organisateurs de cet évènement affirment ainsi «dénoncer le centenaire d’une Déclaration coloniale injuste à l’origine d’un siècle sanglant qui a arraché la Palestine du monde arabe dans le cadre du découpage du Proche-Orient ».
  • « VIDEO : Comment lutter contre l’apartheid israélien ? » dans laquelle le controverséRichard Falk, « ancien rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme en Palestine », profère la fausse accusation d’apartheid pratiqué par Israël. Dans cette vidéo, Falk indique aussi que pour augmenter la pression sur Israël, « le meilleur instrument est la campagne BDS…Elle n’est pas violente et à déjà connus plusieurs succès, ici en France contre Véolia et Orange qui avaient des liens avec des projets de colonisation ».
  • La conférence organisée par l’Association France Palestine Solidarité Paris 14-6 : « 70 ans après l’expulsion des Palestiniens en 1948 : l’épuration ethnique toujours d’actualité».
  • En 2017, PFP a été signataire d’une déclarationmarquant les anniversaires de la déclaration Balfour de 1917, du vote du plan de partage par l’ONU en 1947, et de la guerre des six jours de 1967. Cette déclaration appelle à « la suspension de l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël » et demande à la communauté internationale de « cesser toute complicité avec la colonisation continue et les innombrables violations du droit international ». La déclaration condamne le plan de partage de l’ONU de 1947 affirmant qu’il « a résulté [à] la Nakba de 1948– la destruction de plus de 530 villages palestiniens et l’expulsion de 750 000 Palestiniens de leur patrie dans un processus de nettoyage ethnique » et affirme également que les états européens « ont… fait porter par la Palestine les conséquences du monstrueux génocide des Juifs européens par les nazis puis n’ont rien fait pour qu’Israël respecte les résolutions de l’ONU» (mentions en gras ajoutées).

BDS

François Leroux

Claude Léostic

Exemples Captures d’écran du compte Facebook de la présidente de PFP :

 

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Footnotes

  1. Selon l’ONU, «L’Agence juive a accepté cette résolution … Le Plan n’a pas été accepté par les Arabes palestiniens et les États arabes ».
  2. Un rapport de l’Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education (IMPACT-se) affirme en 2016 que « certains manuels israéliens expliquent également le terme controversé « Nakba » (catastrophe), le nom donné par certains Palestiniens à la guerre de 1948, pour expliquer le point de vue palestinien passé et actuel ».
  3. Les militants du boycott d’Israël sont régulièrement condamnés par les juridictions françaises pour provocation à la haine et à la discrimination – jurisprudence constante des tribunaux correctionnels, Cours d’appel, Cour de Cassation, validée  par la Cour européenne des droits de l’homme. De son côté, le Porte-parole adjoint du Quai d’Orsay réaffirma en 2018 que la France « prohibe le boycott d’Israël comme toute discrimination à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison notamment de leur origine ou de leur appartenance à un pays déterminé ».

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